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Éclisses

Le pluriel d'un gourou,
c'est des gourrés...

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Jeudi 15 mai 2008





Tu t'appuies contre les ombres longues nimbées d'incertitude. Les coups de rein du torrent scellent l'heure violette. Tu peux reposer ton chagrin et ta révolte à sa fraîcheur insouciante. Ailleurs, le laminoir continue de déchiqueter les heures. Pour cet instant volé à la peur, toi tu ne tiens plus qu'au vol des hirondelles, à une ronde de tulipes, aux graines de pissenlits, aux parfums de la terre, à l'ange qui passe et s'arrête à ton épaule pour attiser d'une prière la flamme hésitante que tu couves. Reste, reste  encore dans la coquille de mon amour, mon amour, fleur de femme, ma fille.

 
 

par W. Louve publié dans : Chronique d'une insolitude
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Mercredi 30 avril 2008

 



Dans les champs
la pluie défait lacet
après lacet de glace
et tombe le corset 
de l'hiver



par W. Louve publié dans : Chronique d'une insolitude
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Mercredi 30 avril 2008

Aspiré jusqu'au fond de bouteille d'un jour,
l'espoir, 
ce crooner en boutons de manchettes,
s'éprit des appâts d'une femme.

Sans même lui demander un nom
et desserrant à peine sa cravate,
il étrenna ses charmes
contre chanson sonnante. 

Sur la ligne d'horizon
où séchaient quelques sorts,
une grue décrocha l'astre vélléitaire
qui éclairait leurs visages de ses lueurs rougeâtres et,
plongeant dans l'apnée de la pénombre croissante,
le couple trop semblable s'enfonça
d'un seul souffle
dans sa dissolution. 

par W. Louve publié dans : Conversations avec les vagues
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Jeudi 24 avril 2008

Il vient la voir de temps en temps
- de moins en moins souvent -
dans la chambre du fond 
fine courbe angulaire
à peine saillante
sous le drap blanc bien tiré

Il se frotte les paumes
papier froissé 
à bout de mots
qu'elle n'entend plus
le coeur gonflé de choses
qu'il voudrait accrocher à ce regard
où le présent a largué ses amarres

Il ne sait pas
où elle voyage
hors de ce corps inerte  

Il ravale son dégoût de cette peau fanée
appelle la prière de la tendresse
pour prendre sa main, l'embrasser du bout des lèvres 
attend vaguement la caresse sur ses cheveux
et s'entend tout à coup sangloter
au loin 
dans une autre pièce
où elle le serre contre elle




 
par W. Louve publié dans : De l'autre côté de si
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Mercredi 23 avril 2008

Confier la treizième note à la margelle rieuse d'une pluie battante, avec les paroles embrouillées de fièvre, et les mains incendiaires lavées des promesses. Quitter sans partir, partir sans marcher. Dans un bruit de carriole sur le pavé de l'aube, le coeur entonne un adieu. 


par W. Louve publié dans : Chronique d'une insolitude
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